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Blanc-Manteau
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Vanaëlle
Il est six heures dans la petite chambre mansardée. Les cloches de la relève de la garde résonnent dans le lointain, assourdies par le vent. Celui-ci tombe en rafales des hauts couloirs des montagnes de Buffe-Vent et dégringole le massif comme une avalanche. Il fait très froid. Vanaëlle se lève.
La jeune femme consacre le premier moment de cette journée à la prière. L'instant est crucial ; il s'agit bien plus qu'une supplique à la Déesse Blanche ; c'est une promesse que l'on se fait à soi-même. Vanaëlle se jure de retrouver le petit chien gris qu'elle a croisé la veille au coin de sa rue et de s'assurer qu'il se porte bien.
La toilette du matin est une épreuve des plus cruelles. Certes Vanaëlle rejoint certaines de ses soeurs autour du puits de l'arrière-cour. De petits rires ricochent entre les murs, mais ce sont des rires forcés, presque des cris : l'eau est glacée !
Le beffroi du temple annonce l'heure du petit déjeuner. Dans la grande pièce attenante aux cuisines, l'odeur du pain et du lait se répand parmi les pierres. Malgré cela, Vanaëlle n'a pas très faim. Il est trop tôt. Mais elle sait qu'elle doit se forcer à manger, car la matinée sera longue, la journée éprouvante.
L'hospital : le silence est de mise car la plupart des malades dorment encore. Vanaëlle effectue sa première visite. Il y en aura trois autres pendant lesquelles elle nourrit les blessés les plus graves, change leurs pansements et surtout, dispense ses Soins magiques sous l'oeil attentif de l'infirmière en chef.
L'entraînement de la journée porte sur la connaissance des herbes et des racines. Vanaëlle reçoit avec bonheur les enseignements de Padriv Dénèce, son précepteur dans ce domaine. L'humour et la passion du maître-herboriste dérident jusqu'à l'élève le moins motivé ; la leçon est souvent agrémentée de travaux pratiques dans la grande serre du temple, l'un des trésors de la cité d'Ampe.
L'après-midi est déjà bien avancé lorsque le Temple libère Vanaëlle jusqu'à son service du soir. La jeune femme traverse la cité en suivant la rue principale. Elle scrute tous les recoins à la recherche de son chien errant mais ne le trouve nulle part. En revanche, elle tombe par hasard sur Merryl. La Dryade a pris place sur l'un des bancs qui entoure la fontaine. Elle n'est pas seule, Farggen l'accompagne. Vanaëlle les salue mais, mal à l'aise, quitte rapidement sa meilleure amie.
Sa tâche du soir consiste à veiller à l'hospital et à dispenser les derniers Soins de la journée. Il est nettement plus difficile d'appeler à soi la magie curative en fin de journée. Vanaëlle se sent vidée.
Avant d'aller se coucher, elle décide, malgré la morsure du froid, d'accomplir à pied le tour du temple. C'est alors qu'elle le voit ; pas exactement au même endroit que la veille. La petite bête dort en boule sous un porche. Elle tremble de temps en temps. Vanaëlle tente de l'emmener à l'intérieur des Maisons de Guérison. En cuisine, il doit bien rester quelque chose à manger. Mais l'animal refuse obstinément. Alors, la jeune femme décide de lui tenir compagnie jusqu'au matin...