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Pierre Qui Se Mouille
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Un voyage singulier
Je me rappelle...
C'était le tout début de la saison du Renouveau...
La semaine du Désordre...

... et désordre, il y avait.
Chaque nuit, je rêvais. Un rêve souvent très court, mais d'une précision absolue ; presque une vision. A chaque fois, une oasis m'apparaissait. Une petite rivière grossissait en un étang entouré de palmiers et de sable. Ce cours d'eau descendait d'un amas de collines dont certaines, creuses, abritaient des dizaines de mes frères.
C'est là que je devais me rendre.
Les Monts de l'Observatoire... L'oasis du Cerpit... Je ne connus leurs noms qu'après. Le voyage consista tout d'abord à suivre l'Onor presque tout du long. Enfin, quand je dis suivre, c'est à prendre à la lettre. Je suis un Bawal... Je nage comme un poisson dans l'eau.
C'est après la cité de Port de Cale - que je tenais absolument à éviter - que les ennuis commencèrent. Plus d'eau... de moins en moins en tout cas. Une terre blessée, craquelée par une sécheresse qui me surprit totalement. Moi qui avait vécu depuis toujours dans l'obscurité des Collines Blanches et la morsure glaciale de son lac souterrain, moi qui ne connaissait qu'à peine l'éclat du soleil, voilà que je me retrouvais en train de boitiller sur un sol caillouteux, sans vie.
La vie - précisément - faillit me quitter pendant cette partie du voyage. Je ne pus me mettre sous la dent que quelques racines desséchées et un lièvre décrépi presque aussi mal en point que moi. Je connus la soif. Non pas le besoin intense de boire comme vous pouvez peut-être l'imaginer. Mais la soif du corps, de la peau. Des pieds à la tête, chacune de mes cellules réclamait une goutte d'eau.
Je fus exaucé cinq jours plus tard lorsque - guidé par Valka Dréa - je parvins enfin à cette rivière que mes frères considéraient comme sacrée.
Ce fut un sacré bain de jouvence en tout cas. Il devait y avoir du vrai dans leurs dires...