Pémolen

La souffrance ultime…

 « Alors, es-tu prêt pour ce soir ?

- Arrête ! »

Un rire glacial pénétra le sanctuaire d'Amaltor.

« Ha, ha, ha ! je crois que jamais tu n’as été prêt. »

La bataille commençait. Pas de sang, pas d’arme, mais une violence, un acharnement inouïs.

« Tu sais que je suis plus fort… Tu le sais ; jamais tu ne m’as résisté.

- Ce soir, peut-être…

- Ce soir ! Sûrement pas… Dis mon nom ! »

Pémolen se prit la tête à deux mains. La douleur s'infiltrait progressivement dans chaque fibre de son corps. Mais l’homme resta silencieux.

« Dis mon nom ! rugit la voix du Démon. »

La souffrance monta d'un cran.

« Dis mon nom !

- Tu n'as pas de nom... Tu n'es rien...

- Très bien. Ce soir, nous allons tuer. Ta lance, tes mains seront rouges de sang. Et tu boiras enfin de cette liqueur de vie. »

Pémolen tenta d'échapper à la tenaille qui lui pressait l'esprit. Il tenta de faire le vide en lui, de respirer profondément, de penser à la vie... à Valka Dréa.

Mais, la petite flamme, tellement apaisante, sa seule amie, ne vint pas.

« Pas ce soir... ce soir, tu n'appartiens qu'à moi. Dis mon nom ! Dis-le, et tu seras libre. Libre de penser, libéré de cette souffrance. »

« Ma liberté ne vaut pas ce prix là, songea Pémolen. »

Une fois encore, l'ancien compagnon d'Amar faillit abdiquer, s'abandonner à cette délivrance mensongère et trompeuse, vendre son âme. 

Ce soir-là, la lumière lui apparut sous la forme d'une vision, fugace et lointaine. Mais combien puissante : Pémolen entraperçut une gemme d'une brillance telle qu'il était en son pouvoir d'effacer l'océan de ténèbres dans lequel il baignait.

Et cette gemme possédait un nom : Printhal...

 

 

    Les personnages...